Le véganisme selon les générations

le véganisme selon les générations

La nouvelle génération est épouvantable, j’aimerai tellement en faire partieOscar Wilde

J’ai remarqué que les avis sur le véganisme sont nettement influencés selon les générations. J’ai aussi remarqué que la génération “baby boom” est celle qui critique le plus violement ce mode de vie. J’ai trouvé quelques explications sur ce phénomène.

Génération “baby boom”: le fantasme de la ferme idéale

La première explication est que la génération “baby boomer” ‘(né de 1943 à 1959) sont resté bloqué à un modèle fermier idéal. Ils pensent encore que les poules se baladent tranquillement dans la cour et dans les champs. Ils pensent encore que les cochons mangent des glands sous les chênes, que les oies côtoient les vaches, les moutons, les chèvres,… C’est ce que la plupart ont surement connu. L’animal était certes, exploité pour sa viande, son lait, ses œufs mais avait plus de liberté et une vie plus confortable.

A écouter certains témoignages, il existait même un lien entre l’éleveur et les bêtes (on idéalise souvent le passé, vous avez déjà entendu cette expression “c’était mieux avant”).

Bref, ce modèle fermier est révolu depuis bien longtemps, mais bizarrement, la génération “papy boom” imagine toujours que son steak provient d’une vache bien élevé, bien traité comme on les voit dans la pub Milka. D’ailleurs, les industriels jouent beaucoup la dessus, en continuant de faire croire que rien n’a changé depuis les années 40, 50.

Victime de l’industrialisation

Deuxième explication, l’image de l’industrialisation: la naissance des supermarchés, l’électroménager, les plats préparés,… sont pour la génération “baby boom” ce que sont les iPhones pour nos ados.

Après les nombreuses pénuries pendant la guerre 39-45, la peur de manquer est devenue une obsession pour cette génération. Et donc le fait d’avoir tout en grande quantité, c’est devenu une bénédiction. Ils ont eu la tête plongé dans les premiers slogans pro-consommation.

Et ce n’est pas pour rien qu’on a appelé ces années là “les 30 glorieuses”. Le commerce a bondi, tout le monde était prêt à toutes les nouveautés sortis, du moment que ça remplisse les tiroirs, les placards, qui ont connu de grands vides pendant la guerre, et puis rien n’était sur que ça allait durer. Il faut rappeler qu’il ne s’est passé que 21 années entre les 2 grandes guerres.

Pour eux, l’industrialisation, c’était la garantie d’avoir tout ce dont on a besoin et ça relance l’économie qui en avait grand besoin.

Le mensonge a duré (trop) longtemps

le veganisme selon les générations

Les grands médias sont accusés d’être les porte paroles des lobbys

Les publicités à la TV, les slogans dans les magasins, les belles affiches (vous vous souvenez de celle où on voyait un médecin fumer des Camel avec le slogan “les médecins fument des Camel plus que n’importe quel autre marque de cigarette”). Le cerveau a tellement été matraqué de recommandations à des fins publicitaires qu’un message “VEGAN” lui parait en total contradiction avec les informations qu’il a reçu et suivi toute sa vie.

Le message que le cerveau a longtemps reçu c’est: le Roundup a sauvé les agriculteurs. C’est d’ailleurs souvent la génération “papy boom” qui recommande et utilise toujours des désherbants très nocifs. Ben ouais, après tout, le message que le cerveau a enregistré, c’est que le Roundup, c’est top pour le jardin!

La viande, le produit de luxe à la portée de tout le monde

Autre point et pas des moindres, la viande. Elle était rare dans les assiettes avant guerre. La fréquence qu’on entendait le plus souvent c’était une fois par semaine. C’était un produit “de luxe”. Ca coutait très cher (c’est encore le cas) et les classes pauvres et moyennes ne pouvait pas se permettre d’en consommer beaucoup.

Là encore, l’industrialisation a permit aux foyers d’avoir le plein emploi, un pouvoir d’achat supérieur et surtout une viande plus abordable. Le phénomène? Les gens ont commencé à manger de la viande beaucoup plus fréquemment et l’offre est venu avec la demande. Résultat: tuer plus d’animaux, raccourcir leur durée de vie, produire plus,…bref l’animal est devenu une marchandise très rentable.

La suite, vous la connaissez. Comme les cigarettes qu’on a poussé jusqu’à nos lèvres, les steak se sont fait une place dans notre gosier.

Generation X, le début de la vraie information.

génération x le début de la vraie information

L’information a un autre visage

La génération d’après, nommé génération X (les personnes nés entre 1959 et 1977) a connu un début de prise de conscience. On est toujours en plein dans la surconsommation des années 80 et 90 mais on commence sérieusement à s’interroger sur nos assiettes . Les lobbys ont trouvé une concurrence féroce.

Les moyens techniques et technologiques permettent de filtrer l’information. Avant, c’était le monopole des grands medias. Désormais, avec l’arrivée d’internet, les sources d’informations ont commencé à se différencier et être beaucoup moins influencés par les gros lobbys.

Les années 2000 ont fait exploser les scandales. De l’industrie agro alimentaire à l’industrie pharmaceutique, tout le monde y passe. Il est plus dur de baiser le consommateur.

La où le mot “vegan” faisait office d’OVNI dans les conversations des années 80 et 90, les années 2000 ont installé ce mot dans les grands débats sur l’alimentation. En 2017, peu de gens ignorent ce qu’est un végétarien.

Comme le dit Sébastien Arsac (fondateur L214): “la question on ne mange pas de viande pour ne pas tuer d’animaux…fin des années 90 c’était un truc inaudible, on passait pour des extra-terrestres…aujourd’hui c’est un débat totalement audible…ça avance vite c’est juste fou

Génération Y: une nouvelle vision

La prise de conscience de la génération X impacte chaque jour la consommation de la nouvelle vague. A moins de vivre dans une grotte ou de faire l’autruche, il est difficile d’ignorer la réalité des choses.

Oui, maintenant on le sait: les animaux vivent un véritable enfer sur terre.

Abattoirs, élevages en batterie, conditions d’élevage, antibiotiques, hormones,… Il faut être fou d’avaler un steak en ayant connaissance de l’envers du décor. Ah oui, il faut du courage pour oser jeter un œil sur la vérité de la rougeur de nos assiettes.

La révolution Vegan fait du bruit et bouscule le chiffre d’affaire d’industriels sans scrupule. C’est ainsi qu’on voit naitre des rayons “Veggie” dans les supermarchés, même McDonald’s, fournisseur officiel d’excréments au ketchup s’y est mis.

Chacun y va (à contre coeur) d’annoncer qu’il arrête de se fournir en œuf issue de l’élevage en batterie.

Tout comme on affiche fièrement le logo “sans huile de palme” dont les industriels se sont gavés pendant des années, aujourd’hui on affiche des gros logos végétarien, bio, vegan,… Les temps sont durs pour les amoureux du saucisson.

Tout comme on a honte de l’esclavage, des inégalités homme-femme, de l’extermination de certains peuples, de l’homophobie, dans quelques années les prochaines générations auront hontes de nos agissements actuels. Pesticides, antibiotiques, élevage en cage, hormones,… le constat sera amère. On reverra cette période comme les années noires de l’alimentation…

…et on redécouvrira les publicités actuelles comme aujourd’hui on découvre les pubs pour les cigarettes et le soda sans sucre.

Si vous êtes d’accord ou pas avec ce constat, votre avis m’intéresse, laissez moi un commentaire. Merci

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